Les médias, cet été, tout occupés à traiter des expulsions des Roms, ont oublié de défendre les vrais martyrs de cette année, et même sans doute de cette décennie, les habitants du XVIème arrondissement de Paris.
Heureusement, comme le signale le journaliste Bruno Roger-Petit sur LePost.fr, le député, conseiller de Paris et maire du XVIème, Claude Goasguen, se charge de les défendre âprement. Le 7 juin dernier, lors d’un débat agité sur les projets de logements sociaux dans le XVIème arrondissement, Claude Goasguen, s’était exclamé:
«Si vous le voulez monsieur le Maire, je peux mette une étoile jaune avec XVIe. Ca vous arrange? Ca vous arrange? Ca vous arrange puisque nous sommes des pestiférés!»
Réaction très vive de Bertrand Delanoë qui lui coupe la parole et s’insurge contre l’utilisation d’une telle expression pour des différends politiques.
Ian Brossat et Claude Goasguen s’affrontent au sujet des HLM
envoyé par PCF-PG-ConseildeParis.
(à partir de 5″40 pour le vif échange)
Et comme le rappelle l’AFP, le matin même «le maire du XVIe avait aussi accusé la mairie de livrer les projets d’équipements sportifs du XVIe aux “desiderata des puissances d’argent”, en évoquant le “capital apatride”». Une allusion notamment à la construction du nouveau stade Jean Bouin, à laquelle Goasguen est farouchement opposé: en mars dernier, il estimait que cela jetterait «à la rue des milliers de scolaires et de nombreuses associations sportives familiales».
Sur le coup, bien loin de s’excuser, Claude Goasguen campe sur sa position. Puis, finalement, selon l’AFP, l’homme, «qui préside la groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale, a tempéré ses propos, en rappelant qu’il “aime” et “défend” la communauté juive.»
Au regard de cet été, où chaque journée a eu droit à son point Godwin, ce style de remarques n’est finalement pas très étonnante, surtout pour Claude Goasguen, peu connu pour la finesse de ses interventions. Au-delà de ça, le député, depuis la première élection de Bertrand Delanoë, continue d’insister sur la stigmatisation supposée des habitants du 16ème arrondissement qui se verraient désavantagés par la nouvelle municipalité. Dans son arrondissement, le discours marche puisqu’il a été largement réélu. Ailleurs, il est inaudible.
Le paradoxe est qu’il a beau décréter passer pour un pestiféré, donc être mis à l’écart, et le regretter, il rêve de vivre dans un quartier isolé du reste de Paris. Un quartier qui n’aurait pas à subir des logements sociaux comme les autres – 2,4% de logements sociaux actuellement dans le XVIème contre plus de 30% dans des arrondissements de l’Est parisien – les vélib’s, les efforts sur l’écologie, etc. L’équipe Delanoë essaie de faire plier le XVIe, d’en faire un arrondissement “normalisé“, et non pas un ensemble d’avenues hors du temps, une sorte de Comté peuplée de Hobbits peureux et repliés sur eux-mêmes.
Q.G.

J’aime le magazine, et tout, mais par pitié, vous êtes journalistes et au troisième paragraphe “qui se verraient désavantager” c’est dur à encaisser. Je sais bien que ce commentaire est pas intéressant, et que le contenu est plus important que l’orthographe, mais ça n’empêche personne de faire un effort.
Désolé.
C’est corrigé, merci!
Bon article, même si je trouve la comparaison avec les Hobbits insultante pour ces derniers, qui, comme chacun sait, sont des créatures surprenantes !