Ne pas prendre ses rêves pour des réalités. Avec le temps, les amateurs de foot en région parisienne se sont fait une raison. Le deuxième grand club, concurrent du PSG, ce n’est pas pour demain. La faute au Matra Racing, aux stades pourris, à la province, à pas de chance. De Sannois à Saint-Gratien, de Colombes à Créteil en passant par Paris et Villemomble, plongée dans les bas-fonds d’un football maudit.
Des chocs, des stars, des paillettes, des caméras, et des spectateurs : bienvenue au stade centenaire Yves-du-Manoir, à Colombes. Relifté cet été pour recevoir les rencontres de Top 14 (la première division du rugby), il accueille régulièrement les meilleurs joueurs de la planète: Sébastien Chabal, Lionel Nallet, ou encore les sudistes Andrew Mehrtens et François Steyn. En Ile-de-France, le rugby a dit oui à la mondialisation sportive riante. Avec deux clubs (le Racing Métro 92 et le Stade Français) en Top 14, il relègue le foot au rang d’amateur. Les amateurs, justement, ils jouent à côté dans l’indifférence. Depuis plusieurs années, les footballeurs du Racing-Levallois traînent leurs guêtres sur le vieux terrain Lucien Choine. Une tribune unique, décrépie, qui accueille au mieux quelques centaines de personnes.
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Qui se souvient de l’affrontement entre le Red Star et le Spartak de Moscou en 1936, sommet du foot européen? Personne ou presque. Aujourd’hui, en dehors du PSG, pour trouver trace du foot francilien, il faut se plonger dans les classements des championnats de CFA 2, CFA et National… où nous repérons les candidats au titre de «deuxième grand club francilien».
Quand nous contactons leurs dirigeants, ils la jouent plutôt modeste: progression du club par étapes, priorité à la formation et à la scolarité des apprentis footballeurs… le fameux projet «sportif et social». Parfois, quand nous lâchons discrètement le nom d’un club rival, les langues se délient.
Le 16 mai, nous faisons l’expérience concrète de la galère du supporter de foot en Ile-de-France. Avec un match de CFA, d’abord: Racing-Rennes B. Train de banlieue à Saint-Lazare, descente à Ermont Eaubonne, où on nous indique un itinéraire un peu particulier pour rejoindre le stade Yves du Manoir: 15 minutes à pied, en longeant le périph, au milieu des terrains vagues.
Sur place, les tribunes du terrain Léon Choine semblent moisies, mais l’ambiance est bon enfant et le sandwich merguez appréciable. La suite de ce samedi foot nous mène à Saint-Gratien, pour assister au derby entre l’Entente, quasi reléguée en CFA, et Créteil.
Les équipements sont de qualité dans ce coin au charme provincial, mais les tribunes aux ¾ vides. Nous rentrons en RER avec la vingtaine de supporters cristolliens ayant fait le déplacement et qui se préparent à 90 nouvelles minutes dans les transports.
