Avec un poil de retard, Megalo FC vous livre ses pronostics sur la saison sportive à venir. Premier volet, le rugby.
Ce rugby francilien en pleine métamorphose et en pleine croissance sera l’objet d’un dossier dans le numéro 3 de notre magazine (sortie prévue le 17 septembre).
Le feuilleton de cette nouvelle année, c’est la saison 2 de la nouvelle rivalité entre le Stade français et le Racing-Metro. Déboussolés par l’arrivée de la machine de la banlieue ouest, les stadistes ont traversé une annus horribilis, entre défaites à répétition au Stade de France et blessures et changement d’entraineurs, avec, en point d’orgue, les deux fessées reçues des mains toulousaines. Au final, une 8e place décevante et une non qualification pour la grande Coupe d’Europe.
Le président Guazzini a donc décidé de repartir sur de nouvelles bases. Entre crise économique (baisse du budget de 19 à 17 millions d’euros) et sportive, l’amuseur du SdF a choisi de donner les clés du camion à Michael Cheika. Champion d’Europe 2009 avec les Irlandais du Leinster. Cet Australien d’origine libanaise a l’avantage de pratiquer le français et de connaitre la culture ovale de l’hexagone, qu’il a fréquenté comme joueur il y a vingt ans, notamment au CASG Paris.
Le club a aussi fait le ménage dans ses rangs pour ouvrir une nouvelle page. Deux des derniers “anciens” en ont tourné une puisque Sylvain Marconnet a migré à Biarritz et que Mathieu Blin, sans contrat, a décidé d’arrêter le rugby. Un autre ancien enfant prodigue, Benjamin Kayser, est parti pour Castres, et le club s’est délesté des gros salaires des ailiers Gasnier (retour en Australie) et Mirko Bergamasco (Racing), alors que Messina est en rade à Toulon.
Surtout, le gros du recrutement s’est fait en interne avec la fin de suspension du demi de mêlée et guide Julien Dupuy, et celle à venir de David Attoub. Idem chez les blessés, puisque deux figures du vestiaire, Liebenberg et Parisse, nouveau capitaine, retrouvent le terrain après une saison blanche. L’occasion aussi de lancer quelques jeunes comme les piliers Slimani et Joly, le numero 9 Tardy.
Michael Cheika semble avoir les mains libres sur le projet sportif, lui qui n’entretient aucun lien d’amitié avec son président. Un point fort en comparaison des Galthié, Landreau, Dominici, partis car lassés des frasques guazziniennes. Surtout, le nouveau coach a obtenu, par la force des choses, ce qu’aucun de ces prédécesseurs n’avaient eu: un point d’entrainement stable, à la Cité U. Fini le nomadisme donc. L ‘équipe a pris ses quartiers à Charlety les jours de match, en attendant le nouveau stade Jean Bouin pour 2013.
De l’autre côté du périph’, on s’est certainement bien marré d’écouter Max se plaindre de la marche du monde et du rugby pro qu’il a lui même engendré. Le Racing-Metro 92, c’est un peu la World Company du rugby mondial, une puissance financière en devenir portée par son président, Jacky Lorenzetti. Avec son entraineur renfrogné Pierre Berbizier, l’ancien boss de Foncia a ajouté quelques perles aux joyaux de la couronne -Chabal, Nallet, Steyn- déjà importés entre Colombes et Antony. Le bon Jacky a fait exploser le tabou des transferts en payant 506.000 euros pour le grand espoir bayonnais Benjamin Fall, du jamais vu. Il a aussi rapatrié la star argentine Juan Martin Hernandez, dit “le mage”, exilé depuis un an en Afrique du sud. Une pique envers l’ancien club d’Hernandez… le Stade français.
Berbizer fera jouer le beau gosse à l’ouverture, associé à la charnière à Nicolas Durand, cornac du pack de Perpignan et qui reste sur deux finales de championnat, dont un titre en 2009. Autour d’eux, quelques élements chevronnés du Top 14, comme l’Italien Mirko Bergamasco, piqué lui aussi au voisin francilien, et les piliers Sa, Brugnaut et Zimmerman, ainsi que de bons jeunes joueurs français (Chavancy, Wisniewski) qui devront confirmer une première saison qui les a vu inquiéter le futur champion clermontois en barrages, et se qualifier pour l’Europe.
Derrière ces deux armadas, le vide s’est créé, et les écoles de rugby franciliennes, qui “sortent” des futurs pros en nombre pour les clubs, aimeraient voir une équipe locale accéder à la deuxième division, avec un projet basé autour des joueurs formés en IDF. Mais la marche vers le monde pro est haute. En fédérale 1 (le troisième échelon), 48 équipes féraillent pour deux places de promus au terme d’une saison harassante, de deux phases de poules et d’un tableau final à élimination directe. Massy et Bobigny voudront participer à ces joutes du printemps, sans grand espoir de gagner à la loterie. Pour les promus Cergy-Pontoise et Suresnes, le maintien sera déjà une belle performance, alors que la Fédération souhaite considérablement amincir les calendriers de ses championnats nationaux amateurs.
Illustration: le Racing et le Stade français se disputent la première finale du championnat de France en 1882/ Wikimedia commons

L’analyse semble juste à part peut-être le focus sur Max Guazzini où il faudra croire l’auteur du billet sur parole.