Le mercato est terminé, et après une parenthèse internationale, les championnats français de foot reprendront leurs droits jusqu’au printemps. PSG, Créteil, Paris FC, UJA, petite revue d’effectifs pour 2010-2011.
On ne va pas refaire le match du club unique en Ile-de-France. Comme la question ne se pose pas concrètement, le PSG est donc la façade du foot pro dans la région, presque par défaut. Ennuyeux, inquiétant certes, mais indéniable. Le club est reparti avec un état d’esprit tout neuf nous a t-on expliqué, puisque la direction a décidé de faire le vide dans les tribunes, en espérant ensuite faire le plein. Un Parc à moitié mort, comme son équipe, un premier match plaisant, quelques bastons, puis plus rien: un nul et deux défaites, dont une taule à Sochaux pour clore un mois d’août qui devait être le mois de la renaissance.
Le PSG a pourtant voulu jouer au grand, avec un mercato ciblé sur des transferts pondérés plutôt que des paris foireux. Le Brésilien Nenê est venu de Monaco avec son pot de gomina pour être le patron de l’équipe, marquer sur coups de pied arrêtés, et donner des bons ballons aux attaquants, Hoarau et Erding. A priori, une bonne option. Le Lyonnais Mathieu Bodmer a lui débarqué au milieu de terrain pour apporter sa vision du jeu, sa capacité à “orienter” les attaques, dans l’axe, aux côtés de papy Makelele, 37 ans. Un pari sur un mec blessé 3 mois sur 4. On attend de voir.
Surtout, le PSG avait besoin de renforcer sa défense. Le club a attendu les derniers jours d’ouverture du marché pour faire venir le latéral gauche ivoirien Tiéné, de Valenciennes, alors qu’on l’annonçait à Paris dès le mois de mai. En tout cas, ça renverra Sylvain Armand à ses études et c’est déjà pas mal. En plus, Paris avait le besoin impératif d’un défenseur central pour remplacer Camara aux côtés de Sakho, et se débarrasser de Sammy Traoré. Peine perdue, de rumeur en rumeur, aucun joueur n’est venu, et le club va jouer la saison avec trois spécialistes: un jeune prometteur mais irrégulier, un ancien dépassé par le niveau, et un intermédiaire souvent blessé. Le PSG a aussi réussi le tour de force de conserver deux lofteurs qui coûtent un bras: Rothen et Kezman, plus de 400.000 euros de salaires cumulés par mois.
Conséquence, sans faire preuve d’ingéniosité, on imagine bien un PSG traînant sa peine entre bonnes perfs et déceptions, entre rêves d’Europe et frissons de bas de tableau, entre la 6e et la 12e place. Voilà ce qu’est devenu le club, une équipe du deuxième tiers de la Ligue 1, c’est à dire pas grand chose quand on aime le foot.
Le joueur qui va briller: Christophe Jallet
Le joueur qui va flancher: Mathieu Bodmer
Derrière le PSG, le vide. Jusqu’au championnat de National, la D3 où se croisent des équipes d’amateurs améliorées et des clubs professionnels au purgatoire. Trois formations franciliennes font partie de ce championnat. Après une belle saison l’an passé, Créteil (4e) et le Paris FC (6e) veulent confirmer. Aucune des deux équipes n’a été chamboulée en profondeur, une stabilité bienvenue à ce niveau. Pourtant, signe des insuffisances du foot francilien, le coach cristolien, Laurent Fournier, a quitté le navire, faute d’ambitions, pour Strasbourg, aussi en National. Remplacé par Huberd Velud, qui a pas mal bourlingué à ce niveau. Trivino, Esteves et Boulebda sont toujours là pour encadrer des jeunes du cru francilien, et Créteil devrait jouer le haut de tableau, peinard. En témoignent ses deux victoires et deux défaites pour commencer la saison.
Côté PFC, l’année commence sur les chapeaux de roue. Avec deux victoires et deux nuls, le mois d’août a été bénéfique aux partenaires d’Alioune Touré. Le club continue de grandir et pourrait bien titiller les prétendants à la montée en Ligue 2.
A Alfortville, en revanche, l’heure est à la modestie. Repêchés à ce niveau après la vraie-fausse relégation de Strasbourg, délestés de certains joueurs de talent, les “Arméniens” sont même contraints à l’exil, à Sarcelles. Avec une victoire, un nul et deux défaites, l’UJA s’est mise sur les rails du maintien. Sauf que, sans peur du cliché, la route est droite mais la pente est rude.
Pronos megalos: Créteil 5e, Paris FC, 7e, UJA 16e et maintenue.
François Mazet
Photo: l’annexe du stade Duvauchelle de Créteil. Wikimedia/ Strologoff

bon courage et bons pronostics