La plupart des candidats ont établi leurs quartiers généraux pour la campagne présidentielle. Un choix qui en dit long sur l’électorat recherché.
Mercredi 11 janvier, François Hollande inaugure son QG pour la présidentielle dans le VIIè arrondissement de Paris. Le Figaro en profite pour publier une carte des différents locaux choisis par les candidats pour accueillir leurs équipes de campagne.
Source: Le Figaro
Megalopolis, en fin connaisseur de la sociologie parisienne, dévoile ce que ces choix disent sur les candidats. Attention, risque de présence de mauvaise foi intempestive.
Dans le VIIè, les candidats du pouvoir en place: Hollande, Bayrou, Villepin, Morin.
Ne cherchez pas plus loin, le vainqueur sera parmi ceux-là (auxquels nous ajoutons Sarkozy). Ils ont choisi leur QG pour des raisons purement pratiques. Le but est de pouvoir aller à pied faire un coucou aux potes députés ou ministres. Il ne faudrait pas changer les petites habitudes de ces défenseurs de la pensée économique dominante. Quoiqu’il advienne, ils seront encore présents dans 10 ans.
Dans le 93, les candidats du peuple: Arthaud, Poutou et Mélenchon.
Ce sont les pourfendeurs du système. Ils affichent une posture de proximité avec les ouvriers et de défiance vis-à-vis des puissants. Comme beaucoup de Franciliens, leur choix est aussi économique. Passé le périph’, le prix des loyers est quand même moins élevé. Un paramètre important quand on n’est pas sûr d’atteindre les 5% nécessaires pour voir sa campagne remboursée par l’Etat….
Dans le XII et le XIV, les exclus du pouvoir: Chevènement et Lepage.
On ne sait pas vraiment ce qu’ils défendent, ni pourquoi ils se présentent. Installés dans des quartiers qui ne sont ni des symboles politiques, ni des lieux de pouvoirs, ils ont sûrement pris ce qu’il y avait de plus abordable, le plus proche possible des arrondissements à un chiffre. Ils représentent ces mecs qui pourraient s’offrir une baraque en banlieue mais préfèrent vivre dans un deux pièces à Paris de peur de franchir le périph’. Pathétique.
Dans le VIIIè, la tradition française: Le Pen.
La France, Paris, les Champs-Elysées, le défilé du 14 juillet, la tombe du soldat inconnu et l’extrême droite. Le Pen se pose là en monument national pour mieux légitimer sa présence sur l’échiquier politique. Sous les ors de la République, la candidate apparaît tout de même très éloignée de la base ouvrière qu’elle prétend défendre et très proche des cercles de pouvoirs et d’argent qu’elle critique…
Dans le Xè, la bourgeoisie bien-pensante: Joly.
Le terme bobo aurait pu s’appliquer ici mais il ne veut plus vraiment dire grand chose. EELV reste un parti de Parisiens aisés mais “conscients des problèmes de la planète“. Leur seul électorat se situe autour du canal Saint-Martin, Cécile Duflot se parachute d’ailleurs dans le coin pour les législatives.
Levallois-Perret, la bourgeoisie de droite: Boutin.
Comme Eva Joly, Christine Boutin a choisi une ville qui lui ressemble: aisée et traditionnellement de droite, dans un département répondant aux mêmes critères. Le passage du périph’ n’est même pas à mettre à son crédit, il est enterré de ce côté là !
Olivier Monod
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