Pécresse a sa guilde

Roger Karoutchi le nécromancien, NKM l’elfe sylvaine… retrouvez la guilde de Valérie Pécresse.

L’UMP part à l’assaut de la citadelle socialiste du Conseil régional. Ca tombe bien, sur sa photo de campagne, Valérie Pécresse semble avoir réuni une vraie équipe d’aventuriers, façon Donjons et Dragons, World of Warcraft ou Le Seigneur des Anneaux. Pour sûr, c’est l’influence de cette geek de NKM ! Décryptage -en toute mauvaise foi- de la photo de famille de la droite pour les régionales.

Les valeureux aventuriers

-Les gros bras
A chaque extrémité, on observe la présence rassurante de deux hommes, deux vrais. Façon ogre-chasseur à la retraite, André Santini tient la gauche, prêt à faire une blague salace. Côté droit, on a choisi la présence réconfortante d’un ork, David Douillet, la bête veillant avec intérêt sur la belle Nathalie Kosciusko-Morizet.

-L’elfe sylvaine
Cheveux tirés en arrière, éloignée du centre de l’objectif, NKM garde son petit air mutin et malin, tel l’elfe prête à sauver la mise de l’équipage. Et il y a des précédents, comme cette incroyable photo parue dans Paris Match. Nathalie Kosciusko-Morizet pose enceinte, alanguie dans une robe diaphane, au milieu d’un décor de forêt éclairé par une lumière magique et où trône, on ne sait trop pourquoi, une harpe. La Galadriel de Tolkien en son domaine. Du coup, on imagine d’autant plus aisément la ministre de l’économie numérique tirant des flèches de son carquois en peau de daim. Abritée par l’ombre de Douillet, elle passe inaperçue à côté du sourire crispé d’Yves Jégo

-Le ménestrel
L’ancien secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, adulé en Guadeloupe, conduit la liste en Seine-et-Marne. Brushing impeccable et écharpe d’azur et d’argent, on a l’impression qu’il se prépare à déclamer une chanson de geste, type Roland de Ronceveau, en zélé ménestrel du sarkozysme. On remarque une rupture d’espace entre ce trio charme-muscle-verve, et la chef de meute.

-Le magicien
Dominant la scène de sa stature, voici le magicien Poniatovski, sagement en retrait entre Jouanno et Pécresse. Grand, fin, élancé, le regard perçant et la mèche grise, Axel est le Gandalf de cette fine équipe, prêt à lancer ses sortilèges à tout instant.

-Le nécromancien
Diseur de bonaventure, découvreur de prophétie, chamane… On ne sait trop quel est le meilleur rôle de Roger Karoutchi. Il voulait absolument mener cette quête mais, écarté de la tête de liste, il semble se frotter les mains en imaginant le gadin que va se prendre Pécresse. Pour forcer le destin, qui sait si Karoutchi le mage n’a pas décidé d’emprunter les chemins qui mènent vers la magie noire, voire la nécromancie. Après tout, il a déjà toute une carrière politique à ressusciter.

-Le hobbit
Oui, on sait, ce n’est pas bien de se moquer des handicapés. Mais c’est encore pire de se moquer de tout le monde sauf d’eux, non? En tous cas, c’est sacrément hypocrite. Donc Patrick Toulmet sera le hobbit de notre équipe. Au-delà de sa taille réduite -fauteuil oblige, il a surtout une bonne tête de Bilbon avec ses lunettes d’apothicaire.

-La belle amazone
Elle a pas l’air heureuse d’être là, Rama Yade. Coincée entre tous ces WASPS BCBG de l’UMP, elle se demande ce qu’elle est venue faire dans cette galère. La belle amazone est censée guider les aventuriers en lieux sûrs, mais en a t-elle envie? Son positionnement “pot de fleur” semble indiquer un ennui profond: “mais qu’est ce que je fous dans cette guilde de losers”?

-La traitresse
Chantal Jouanno à la droite de Valérie. Amen. Dans toute bonne histoire, il faut un traître, alors comment ne pas choisir la secrétaire d’Etat à l’écologie. D’ailleurs, pour se faire remarquer, elle a mis une veste beigeâtre sur un pull rose, histoire d’apporter un peu de couleur à côté d’une Pécresse violacée et d’une horde au dress code noir-marron-gris. Et comme en plus, elle essaie vraiment de planter son camp.

-Les seconds couteaux
Aude Lagarde (cachée derrière Jouanno), Laurent Lafon (veste nubuck circa 1989) entourent le noyau dur de nos héros. Quant aux autres, leur importance est si grande qu’ils ne figurent même pas sur la plaquette du “projet de Valérie Pécresse pour l’Ile-de-France”. Finiront sûrement bouffés par un dragon avant la 20e minute du film.

- La diversité

Sisisi, les mentalités évoluent. Avant, quand on mettait un noir ou un handicapé sur une photo, c’était dans le coin, pour qu’ils ne dérangent pas trop. Désormais, et grâce à l’UMP, c’est plein axe. Quel signe de modernité! D’ailleurs, alors que la photo n’est pas paritaire (huit hommes, six femmes), quatre nanas sont en plein milieu, dans la partie centrale du groupe, avec Patrick Toulmet devant et Axel Poniatowski en fond. Ah, la com’! c’est vraiment trop chouette.

- Le décor
Quoi de plus Francilien qu’une passerelle entre une péniche sur la Seine, et la rive. Est ce un choix politiquement symbolique? La passerelle, c’est l’ouverture sarkozyste, c’est aussi un lieu de passage entre deux mondes, la préhistoire (aka le socialisme et Huchon) et la modernité (aka la majorité présidentielle). Bon, ok, on va chercher loin. La seule chose dont on est sûr c’est que la passerelle est montante… pas une coincidence.

François Mazet et Louis Moulin

About the Author

Louis Moulin aime la banlieue car les grecs y sont moins chers et le centre car les cinémas et les boutiques de BD y sont plus nombreux. Mais issu d'une famille de banlieusards pur jus, vivant à Gennevilliers depuis 5 générations, son coeur est plutôt du côté extérieur du périph. On peut le croiser dans les tribunes du Stade Bauer à Saint-Ouen (ah, le sandwich merguez à la mi-temps) et il rêve de voir enfin le métro rouler toute la nuit, même en semaine. Surtout quand le Vélib a peur d'aller chez les "barbares". Cofondateur de Megalopolis, diplômé de l'Ecole de journalisme de Sciences Po, il travaille à présent pour Le Parisien.