Un président UMP et un vice-président de Neuilly: Paris Métropole, le syndicat métropolitain imaginé par Bertrand Delanoë, s’essaye à la réflexion transpartisane. Mais à quand de vrais pouvoirs?
Il y a un peu plus d’un an, c’était, pour la droite francilienne, un organe de propagande au service du duo Huchon-Delanoë. Paris Métropole, assurait-elle, avait pour seuls buts la réélection du second à la Région et l’emprise du premier sur Paris. Patrick Devedjian, président du conseil général des Hauts-de-Seine, avait même lancé une structure concurrente et mort-née, “Ile-de-France Métropole”, marquée UMP.
C’était il y a un peu plus d’un an, et c’était une autre époque. Hier, lors de la séance plénière de Paris Métropole, l’assemblée, qui compte désormais 170 membres (ce qui représente 8 millions d’habitants), a voté l’élection à la tête du syndicat du maire UMP de Nogent-sur-Marne, Jacques J.P. Martin. Un nom à l’américaine pour un geste fort, auquel s’est joint lui aussi Patrick Devedjian. A la vice-présidence de Paris Métropole a été désigné Jean-Christophe Fromantin, l’inclassable maire de Neuilly, un divers droite naguère soutenu par l’UMP mais aujourd’hui davantage apprécié à gauche.
En laissant la présidence au camp opposé, le PS francilien, emmené par Bertrand Delanoë, fait un effort remarqué pour dépolitiser le débat métropolitain. Le message est clair: c’est en faisant collaborer les élus de droite et de gauche que l’on avancera sur les grandes questions du logement, du transport (surtout au moment où l’on débat beaucoup sur ce sujet), de l’environnement, de la fiscalité, etc. Qui peut raisonnablement prétendre le contraire?
Néanmoins, le problème reste le même qu’il y a un peu plus d’un an. Paris Métropole est toujours un syndicat d’études, c’est-à-dire une assemblée consultative, dont le seul pouvoir est d’installer des “ateliers de travail chargés faire des propositions” (qu’on attend toujours) ayant toutes les chances de finir au placard. Si les querelles partisanes semblent donc aujourd’hui s’effacer, c’est aussi parce que l’enjeu de pouvoir est extrêmement faible. A quand des compétences réelles pour Paris Métropole?
J.
Crédit: Pierre Mansat / Séance plénière de Paris Métropole, le 8 novembre 2010.

