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Photographies d’Agathe Philbé

Dans le port de Gennevilliers, il n’y a pas de marins qui chantent. Mais il y a des cafetiers kabyles, des bateliers normands, des contremaîtres portugais et des projets architecturaux farfelus. Visite d’un lieu appelé à devenir un centre majeur du futur Grand Paris.

Le port de Gennevilliers, c’est avant tout une vue. Autoroute A15, depuis Argenteuil et en allant vers Paris, quand la trois-voies entame un ultime virage, perchée à plusieurs dizaines de mètres du sol, avant de s’enfoncer dans la capitale. À l’horizon on devine les silhouettes du Sacré Coeur et des tours Montparnasse et Eiffel. Un peu plus proche, la tour Pleyel, coiffée de son enseigne Siemens qui veille sur la banlieue nord comme l’oeil enflammé de Sauron dans le Seigneur des Anneaux. Encore plus près, les dix-huit étages de la mairie de Gennevilliers, qui se détache au milieu des barres. Et en contrebas, coupé de la ville et s’étalant de tout son long, le port, majestueux. Au bout des quais, le charbon, le sable et les gravats dessinent de petites montagnes. Là-bas, ce sont les conteneurs, innombrables et multicolores, qui forment un véritable tableau. Plus loin, des centaines de voitures, sagement alignées, miroitent au soleil. Tout est immense. Le deuxième port fluvial d’Europe, le premier de France, est établi aux portes de Paris.

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Making Of

Le port de Gennevilliers, je le connais depuis tout petit, pour avoir grandi dans la ville et y habiter encore. Mais ce n’est pas un lieu que les Gennevillois se sont spécialement appropriés dans la mesure où c’est une zone industrielle et qu’en dehors du travail, il n’y a rien à y faire. Tout juste va-t-on s’y entraîner à conduire le week-end lorsqu’on n’a pas son permis parce que les routes sont larges et qu’il n’y a personne. Bref, le port c’est un peu le grand inconnu au bout de la rue.

Alors, si même pour un Gennevillois le port est un univers à découvrir, qu’est-ce à dire pour 10 millions de Franciliens ? Surtout que c’est un endroit fascinant, une vraie fourmillière, et à l’impact économique tout simplement énorme. Et puis, le port de Gennevilliers, il fallait bien s’y pencher puisqu’on ne cesse de l’évoquer à chaque fois qu’on parle du Grand Paris. De là à imaginer y implanter un opéra, comme l’architecte Roland Castro, peut être pas, mais le port de Gennevilliers pourrait vraiment devenir un endroit à la cool. Un coin de littoral aux portes de Paris.

Sur place, les portes m’ont été ouvertes très facilement. La démarche de faire découvrir le port au grand public semble avoir plu à chaque fois à mes interlocuteurs. Chacun, que ce soit le cafetier, le responsable d’entreprise ou le batelier sur son embarcation, est un visage du port, et c’est avant tout par ses acteurs que j’avais envie de raconter l’endroit. Par contre, comme je le précise d’ailleurs dans l’article, sans voiture je n’aurais jamais pu faire cet article. Le port est proprement immense, c’est bien pour ça qu’il lui fallait quatre pages !

Bonus

Carte

Voici une carte du port avec les différents lieux évoqués dans l’article :

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Photographies

Retrouvez les super photographies d’Agathe Philbé (cliquez dessus) que nous n’avons pas pu passer dans le magazine :

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About the Author

Louis Moulin aime la banlieue car les grecs y sont moins chers et le centre car les cinémas et les boutiques de BD y sont plus nombreux. Mais issu d'une famille de banlieusards pur jus, vivant à Gennevilliers depuis 5 générations, son coeur est plutôt du côté extérieur du périph. On peut le croiser dans les tribunes du Stade Bauer à Saint-Ouen (ah, le sandwich merguez à la mi-temps) et il rêve de voir enfin le métro rouler toute la nuit, même en semaine. Surtout quand le Vélib a peur d'aller chez les "barbares". Cofondateur de Megalopolis, diplômé de l'Ecole de journalisme de Sciences Po, il travaille à présent pour Le Parisien.