Canal 93 Scène-Saint-Denis style

“Ça te dirait, un plan concert en banlieue ? Ah, t’as pas l’air emballé. Elles existent pourtant, ces bonnes salles de « l’autre » côté du périph. À Bobigny, on vous propose le Canal 93. Visite d’un « service public » qui ne vous prend pas pour un con.

Rond de lumière sur dix doigts qui gigotent. En quelques passes de main, Yphun Chiem raconte l’histoire d’une vie, et toute une salle comprend soudain le langage des signes. Et lorsque que la jeune danseuse, mixant break-dance et tradition asiatique, égratigne gentiment quelques figures imposées du hip-hop, le public du Canal 93 apprécie en connaisseur. Ouvrir la saison d’une salle balbynienne avec un spectacle de danse contemporaine, un pari perdu d’avance ? Trois rappels plus tard, tout va bien, merci.”

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Making Of

Gilla, responsable de la communication du Canal93, était un peu inquiète : « On ne veut surtout pas être réduits au rap, à la ‘culture banlieue’ ». Tel était, pour moi également, l’écueil à éviter dans cet article : oui, on est à Bobigny, ville « populaire » dans un département « populaire ». On ne peut pas ne pas se demander dans quelle mesure cela influence le projet artistique de la boîte, le public qui la fréquente, le rapport à la scène parisienne. Pour autant, j’ai essayé de ne pas laisser le sujet se faire avaler par son contexte, c’est-à-dire de ne pas réduire le Canal à son code postal. Dans sa programmation, dans les services qu’elle propose aux musiciens, cette boîte a une véritable originalité et mérite d’être découverte. Voilà ce que j’ai voulu mettre au centre de ce papier, en espérant vous avoir donné envie de vérifier par vous-même.

About the Author

Dominique Albertini est né à Paris. Mais il n'en conserve guère de souvenirs, après qu'une vie d'errance l'a mené des rives du Rhin aux bords de la Garonne, en passant par Tarbes, Ajaccio ou Valparaiso au Chili. Aujourd'hui c'est depuis Joinville-le-Pont, 94, qu'il observe les transformations de la métropole parisienne. Il aime la Marne, ses guinguettes et ses clubs d'aviron, part chaque matin à l'assaut du RER A, rêve d'un métro périphérique. Et d'une fédération métropolitaine, mais n'en demandons pas trop.