Le constat est alarmant. La construction de logements a baissé de 15 % entre la décennie 90 et la décennie 2000. La tendance risque de s’accentuer.
On n’en fait jamais trop sur l’actuelle crise du logement. Malgré les déclarations d’activité des politiques – dernière en date, celle de J-P Huchon dans le journal du conseil régional de décembre/janvier – la construction de logements neufs diminue ces dix dernières années.
Ce constat est fait par une note de l’IAU et de l’APUR d’octobre 2011 (on a beau faire de la veille, on rate certaines choses). D’après les auteurs, “au cours de la décennie 2000-2009 par rapport à la décennie précédente [...] le rythme des mises en chantier a baissé de 15%“. Avec 36.970 logements construits en 10 ans, on est loin des 70.000 demandés par l’Etat…
Cette misère est notamment due à la baisse de la “rentabilité locative“. Le prix des appart’ est tellement élevé que les plus-values ne se font pas en louant son bien mais en le revendant… Dès lors, “les investisseurs institutionnels se sont détournés du marché de la construction des logements locatifs privés“.
Les perspectives ne sont pas vraiment excitantes. La crise limite les emprunts et devraient, selon toute logique, limiter les mises en chantier. Le remède choisi par l’Etat, quant à lui, est aussi néfaste que le mal.
En rognant sur les niches fiscales, le gouvernement risque en effet de décourager les investisseurs. Si ces derniers achètent moins, la production de logements neufs risque de s’en ressentir… “Le désengagement des investisseurs institutionnels au cours de la décennie 2000, et la probable diminution du nombre de particuliers investisseurs avec le rabotage des dispositifs fiscaux de soutien à l’investissement locatif, laisse supposer que la production de logements neufs en Ile-de-France diminuera dans les prochaines années.” La rigueur va donc mettre des franciliens à la rue.
Dans ce contexte, seul le logement social tire un peu son épingle du jeu. Sa production a doublé en dix ans jusqu’à représenter un tiers des logements neufs. Les auteurs espèrent qu’une aide financière aux maires bâtisseurs permette de maintenir ces bons taux.
Pour en savoir plus, la note est disponible ici.
Olivier Monod
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Crédit photo: Alexandre Prévot Flickr



