Présidentielle: les résultats du premier tour en petite et grande couronne

Après l’analyse du premier tour des élections présidentielles 2012 de la capitale, retrouvez notre analyse du vote dans le reste de l’Île-de-France, un premier tour marqué par un plébiscite de François Hollande en Seine-Saint-Denis et la montée du Front National en Seine-et-Marne.

Retrouvez également notre analyse du premier tour des présidentielles à Paris en cliquant ICI


Les départements de la petite couronne : un vote dans la continuité de Paris

Le clivage est-ouest du premier tour des élections que l’on retrouve à Paris entre “pro-Hollande” et “pro-Sarkozy” (voir notre analyse dans cet article) s’étend au-delà des limites de la capitale. Si le président sortant l’emporte au sein de son département des Hauts-de-Seine, il se situe derrière François Hollande dans les départements du Val-de-Marne et de la Seine Saint-Denis.

Même s’il connaît un recul de 3.3 points par rapport à 2007, Nicolas Sarkozy connaît l’un de ses plus hauts scores dans son département, les Hauts-de-Seine. Un succès à relativiser car François Hollande a réussi des percées dans le nord (Gennevilliers, Nanterre, Colombes…) et le sud (Montrouge, Bagneux, Malakoff, Vanves…) où il arrive en tête.

Le Val-de-Marne apparaît comme le département le plus divisé de la petite couronne. François Hollande arrive en tête au soir du 22 avril (32.9%) devant le Président qui réalise un score dans la moyenne nationale. Le candidat UMP est en première position dans 19 des 47 communes du département, principalement dans des communes historiquement ancrées à droite, tel que le territoire périurbain du Plateau Briard (dans la corne sud du département) et dans les communes du bord de Marne (Nogent-sur-Marne, Bry-sur-Marne, Le Perreux, Saint-Maur-des-Fossés et Chennevières-sur-Marne). François Hollande occupe la première place dans les 28 autres communes. À noter les bons résultats du candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon dans les communes où le PCF est fortement implanté (Ivry-sur-Seine : 25.5%, Vitry-sur-Seine : 20.6%, Arcueil, Gentilly…).

Le département de la Seine-Saint-Denis est celui de la petite couronne où l’écart entre les deux candidats présents au second tour est le plus important : François Hollande réalise 38.7 %, soit son résultat le plus élevé en Île-de-France. Le département “plébiscite” le candidat socialiste puisqu’il rafle 36 des 40 communes. Un département fortement ancré à gauche puisque Jean-Luc Mélenchon y réalise son meilleur score, 17 % et arrive second dans 18 communes. Il est intéressant de constater que les deux candidats de gauche recueillent conjointement entre 60 et 70 % pour les communes situées à l’ouest du département et proches de Paris (Saint-Denis, Saint-Ouen, Montreuil, Bagnolet, Pantin…). L’est du département offre quant à lui un profil plus classique, car si François Hollande arrive en tête dans la plupart d’entre elles, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen décrochent respectivement la seconde et troisième position.

Une grande couronne plus proche des résultats du reste de la France

Seules les Yvelines placent le président sortant en tête au soir du premier tour. Ce dernier recueille 34.2 % des intentions de vote, ce qui représente toutefois 3.5 points de moins qu’en 2007. Le Val d’Oise, l’Essonne et la Seine-et-Marne classent les quatre principaux candidats dans le même ordre que celui constaté à l’échelon national : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.


En Seine-et-Marne, une commune sur cinq place Marine Le Pen en tête au premier tour

117. C’est le nombre de communes où Marine Le Pen arrive en tête au soir du 22 avril. L’élu frontiste y réalise son meilleur score francilien avec 19.6%. Une exception dans le paysage politique francilien puisque si l’on compte quelques communes où la Clodoaldienne arrive également en tête dans les autres départements (10 dans l’Essonne, 4 dans les Yvelines et 5 dans le Val d’Oise) elle n’atteint pas une telle proportion. Une avancée qui se traduit également dans l’évolution du score du candidat frontiste puisque si elle fait entre 5 et 6.5 points de mieux que son père en 2007, en Seine-et-Marne, elle augmente de 8.4 points. Un ras-le-bol exprimé par une partie de la population francilienne qui se sent laissée pour compte, loin des projets du Grand Paris et que nous avions rencontrée lors d’un reportage en 2011… (lire l’article : “On s’est habitué à ne rien avoir”).

Marine Le Pen a réussi son avancée dans le monde rural puisque 4 communes qui la placent en tête dépassent les 1.000 habitants. François Hollande, crédité du plus grand nombre de suffrages dans le département, n’est premier que dans 68 des 514 communes du département et performe surtout dans les grandes villes telles que Melun et Meaux.

(En mauve, les communes où Marine Le Pen arrive première) source : google.fr

Retrouvez l’ensemble du  Megalopolis #7 en kiosque. Vous pouvez aussi vous abonner !

About the Author