Avec ses extensions de lignes du métro parisien, la création de quatre tramways et les 200 kilomètres du Grand Paris Express, la région Île-de-France va connaître d’ici à l’horizon 2020 un renforcement sans précédent de son maillage de transport public. Suffisant pour que tous ses habitants soient à proximité d’une gare ou d’une station ? Non. Nous sommes allés à la rencontre de ces Franciliens de Rueil, Drancy et Villiers-le-Bel qui continueront d’utiliser un autre mode de transport pour se déplacer.
Un maillage renforcé
En 2020, le réseau de transport parisien connaîtra un bouleversement sans précédent.
Il y a d’abord les projets d’extension des lignes de métro 4,11,12 et 14 qui créeront 17 nouvelles stations et près de 18 kilomètres de lignes supplémentaires en continuant à s’enfoncer plus profondément dans la banlieue de la capitale.
Mais une grande partie des projets est consacrée aux liaisons dites “interbanlieues”, qui permettront aux habitants des petite et grande couronnes de ne plus passer par Paris pour se rendre dans une autre ville de banlieue. Quatre nouvelles lignes de tramways verront ainsi le jour, en plus des extensions programmées des T1, T2, T3 et T4, créant ainsi 130 nouvelles stations.
Enfin, le projet du Grand Paris Express, métro périphérique qui desservira aussi bien la Petite que la Grande couronne, permettra de relier les futurs centres urbains de Saclay, Massy, Saint-Denis, la Défense ou Noisy-le-Grand. Plus de 200 kilomètres de réseau et 72 stations ont été actés.
Faciliter les correspondances
La multiplication des projets conduit-elle à une couverture globale du Grand Paris ? La réponse est non. Tout d’abord car l’agglomération parisienne n’est pas homogène, les nouvelles gares s’implanteront au sein des zones d’habitations relativement denses ou dans les zones d’activités importantes ou en devenir.
Ensuite, la plupart des stations existent déjà. Elles nécessitent certes les aménagements adéquats mais l’intérêt du projet de déplacement du Grand Paris n’est pas la création de nouvelles gares dans des zones peu urbanisées mais bien l’interconnexion de l’ensemble des modes de transport.

Cliquez sur la carte de l'Atelier International du Grand Paris pour prendre connaissance des projets de transports publics à l'horizon 2020
Selon cet atelier chargé de réfléchir à l’avenir de la métropole, une douzaine de nouveaux pôles vont se voir ainsi renforcés, tels que la Défénse, Cercy-Pontoise, Le Carrefour Pleyel, le site du Bourget, le triangle de Gonesse, les abords de Roissy-Charles-de-Gaulle, Noisy-le-grand Cité Descartes, les Ardoines de Vitry-sur-Seine, Boulogne-Billancourt, Versailles-Satory et Saint-Quentin en Yvelines. Ces “rééquilibrages” de la région capitale ne sont pas sans rappeler la volonté de créer des villes nouvelles dans les années 60 et 70, à deux différences près, puisque cette fois-ci les autorités compétentes ne font pas l’impasse sur les centres qui se situent au sein de l’agglomération parisienne et qu’elles s’appuient sur des villes déjà existantes, cela afin d’éviter l’étalement urbain.
Les quartiers pavillonnaires et les franges de l’agglomération attendront
L’atelier international du Grand Paris a réalisé la carte suivante afin de juger de la “couverture” de l’agglomération à l’horizon 2020, c’est à dire, les zones situées à moins de 700 mètres d’une gare ou à moins de 400 mètres d’une station de tramway.

En blanc, les zones à moins de 700m d’une gare, en rouge, les quartiers qui seront encore peu desservis et en jaune, les quartiers sensibles.
Paris apparaît entièrement couvert par les modes de transport.
Dans les Hauts-de-Seine, l’arrondissement de Nanterre (au nord) et celui d’Antony (au sud) bénéficient de l’extension du T1 jusqu’Asnières (1 sur la carte) et de la création du T6 entre Châtillon et Viroflay (2).
Dans le Val-de-Marne, l’ouest du département profite de l’arrivée du tramway T7 entre Villejuif et Athis-Mons (3) et du métro Grand Paris Express qui reliera des gares déjà existantes.
Enfin, la Seine-Saint-Denis est le département de la Petite Couronne dont la couverture de transports augmente le plus puisque la création ou l’extension de cinq lignes de tramways, l’arrivée du Métro Grand Paris Express et les extensions de 3 lignes de métro parisien existantes vont considérablement changer les déplacements d’une partie de la population séquano-dionysienne. L’axe s’étendant de la Plaine Saint-Denis au Carrefour Pleyel apparaît alors comme un enjeu majeur de l’agglomération parisienne (4). Dans l’est Parisien, les communes de Bagnolet, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil et Noisy-le-Sec profiteront de l’extension de la ligne 11 du métro, de celle du T1 ou de la Tangentielle Nord (5).
À l’inverse, deux types de zones situées dans l’agglomération parisienne continueront à être éloignées d’une gare de RER ou d’une station de métro et de tramway.
- Les quartiers pavillonnaires situées au coeur de l’agglomération,
- Les “franges” de l’agglomération.
Megalopolis est partie à la découverte des habitants de trois quartiers qui continueront à prendre le bus pour se déplacer. Le quartier pavillonnaire des Hauts de Rueil dans les Hauts-de-Seine, de la cité Jules Auffret à Drancy et du village de Villiers-le-Bel.
(consultez les témoignages en cliquant sur la carte ci-dessous)
(Si la carte ne s’affiche pas, cliquez sur les liens ci-dessous)
- Consultez notre reportage à Villiers-le-Bel [cliquez ici]
- Consultez notre reportage à Rueil-Malmaison [Cliquez ici]
- Consultez notre reportage à Drancy [à venir]




Merci pour cet excellent article. On ne peut que constater que les grands oubliés de ces réformes sont les val de marnais. Après la zone Maisons-Alfort, plus rien. Comment feront les habitants de Sucy en Brie, Noiseau, Chennevières, Boissy, ect… Qui souffrent chaque jour des éternels problèmes dans le RER A ? Il est vrai que le réseau de transport en Ile de France n’est pas mal foutu contrairement au réseau londonien par exemple. Mais pour ceux qui vivent comme moi au bout de la ligne A côté Val de Marne, c’est une galère quotidienne.
Cool