Le PS passe au Passe unique

L’accord de second tour entre le PS, Europe Ecologie et le Front de gauche a acté la tarification unique des transports pour la mi-mandat (2012) en cas de victoire. Une mesure emblématique qui pourrait bien changer le quotidien francilien, mais dont Jean-Paul Huchon ne voulait pas entendre parler… jusqu’aux résultats du premier tour.
Le tarif unique, Jean-Paul Huchon était contre: le manque à gagner priverait la région de ressources d’investissement essentielles. «Il y a 18 milliards à développer en 10 ans pour faire de notre système de transports un véritable système de transports, qui marche bien en Ile-de-France, disait Jean-Paul Huchon, le 21 février sur France 3 (voir 21′ environ). Je ne peux pas distraire ce que ça va coûter, c’est-à-dire 400 à 600 millions d’euros selon les versions pour m’occuper de la tarification. Moi je suis un socialiste, et je ne pense pas que l’on peut traiter de la même manière les gens qui sont pauvres et les gens qui sont riches. Il faut donc qu’il y ait une tarification sociale.» Autrement dit, le contraire de la tarification unique. Le candidat socialiste privilégiait des réductions pour les populations les plus fragiles (gratuité pour les bénéficiaires du RSA, carte imagin’R pour les étudiants et les moins de 25 ans, etc.)

Le poids d’Europe Ecologie

Changement de ton mardi dans «l’accord programmatique» signé par Jean-Paul Huchon et ses alliés: «Pour les transports, les socialistes, leurs partenaires et Europe Ecologie conviennent qu’après une étude approfondie, une tarification unique du Passe Navigo sera mise en oeuvre, à mi-mandat, dans le cadre du plan de modernisation des transports publics franciliens, permettant de développer, en même temps que la modernisation et l’extension du réseau, le sentiment d’appartenance régionale.»

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Photo: Metrocard par nicolasnova via FlickrCC Licence by


About the Author

Jérôme Lefilliâtre est né dans la Manche un jour de pluie. Brun de cheveux et roux de barbe, le philosophe à la mode de Caen monte en 2007 à Paris après une tranquille jeunesse provinciale. Il craque pour un scooter au bout de deux ans de promiscuité et de bougonnerie dans les transports en commun. Récemment installé près de la porte de Clignancourt, il ne comprend pas comment on peut laisser se développer de telles inégalités dans une seule et même métropole. Accessoirement, il milite pour que le port du Grand Paris devienne, non pas Le Havre, mais Cherbourg. Cofondateur de Megalopolis, diplômé de Philosophie et de l'École de Journalisme de Sciences Po, Jérôme Lefilliâtre travaille également à Challenges.