Un inconnu, Alain Dolium, en tête de liste et des positions originales, zoom sur la campagne en contre-pied du Modem en IdF. Entre, la poussée des Verts, l’équipe sortante du PS et la machine de guerre de l’UMP, il reste peu de place pour le parti centriste de François Bayrou qui essaie de se démarquer comme il peut.
- Un storytelling brouillon
Alain Dolium est noir, comme Barack Obama. A défaut d’avoir un passé politique ou une renommée exceptionnelle, voici son meilleur argument de campagne. En tout cas, celui mis en avant par son équipe de communication dans les mails envoyés pour nous inviter au lancement officiel de sa campagne. Le fameux “Yes We Can” du président américain est repris à la française sous forme d’un leitmotiv:
Moi, on m’a dit toute ma vie :
“Ce n’est pas possible”
J’ai voulu être cadre supérieur, on m’a dit :
“Ce n’est pas possible”
Et pourtant il y est arrivé. Oui, il le peut! Au bout du dixième mail m’incitant à venir “vérifier par moi même” si Dolium est bien le “Obama français”, j’ai décidé d’aller voir le phénomène. Déception. Alain réfute la comparaison et ne “comprend pas” le parallèle. La reculade du candidat fait tomber à l’eau toute la communication organisée autour de lui et discrédite le message du parti.
- Un positionnement original
La Région s’occupe en priorité des transports et de l’éducation, Alain Dolium, lui, veut relancer l’emploi en Ile-de-France. Il envisage de créer 160 000 postes grâce à la Région et doubler la part du budget alloué au développement économique et à l’emploi grâce à une politique de rationalisation du budget. Un positionnement d’actualité.
Quand on le pousse un peu sur la question des transports, le candidat surprend encore. Sa priorité: améliorer le confort, la fréquence et la sécurité de l’existant. Sa solution, pour “désenclaver la banlieue” ? Mettre des bus. Alain fustige la pensée “unimodale” de ses contradicteurs qui n’envisagent que des “investissements lourds” et ferrés au détriment de solutions “moins chères” et “plus souples” que sont les bus et le covoiturage.
Enfin, côté casting, le Modem dénote aussi. Pour faire tomber le bien installé Huchon, l’UMP a monté une vraie équipe d’aventuriers avec des ministres à la pelle et un champion olympique. Les Verts lancent dans le combat leur secrétaire nationale. Le Modem, lui, fait confiance a une équipe d’obscurs élus locaux menée par un inconnu novice en politique. Un pari de la surprise et de la différence qui est peut être la dernière carte des oranges.
- Un électorat pas gagné
Dans ses discours, Dolium s’adresse principalement aux banlieues, d’ailleurs le lancement de sa campagne se passait à Saint-Denis. Il a un discours résolument tourné vers les jeunes et le tête de file du Modem veut, comme d’hab’, attirer les français ne se sentant ni de droite ni de gauche. Problème, les jeunes et les non-alignés sont les premiers à ne pas se déplacer pour des élections qui sont loin de déclencher pas l’hystérie des foules. Il va donc falloir intéresser la population à cette élection. Le pari est loin d’être gagné, mais encore une fois, c’est peut être le seul positionnement qui s’offrait au Modem.
L’interview du tac au tac, des vraies réponses de centriste
Vous êtes plutôt Grand Paris ou Paris Métropole?
Joker.
Vous êtes plutôt Rama Yade ou Fadela Amara?
Les deux m’ont l’air compétentes.
Vous êtes plutôt PME ou multinationale?
Les deux ont leur utilité.
Vous êtes plutôt François Bayrou ou Marielle de Sarnez?
Les deux.
Vous êtes plutôt métro ou RER?
Le métro, c’est plus rapide.
Olivier Monod
Crédit photo Régions Démocrates 2010

