La pizza pas très 2.0 d’Yves Jégo

“Je suis le premier à passer à la moulinette”. Mardi soir, devant une trentaine de personnes réunies dans la péniche de campagne de Valérie Pécresse, le député de Seine-et-Marne Yves Jégo donnait le coup d’envoi des rendez-vous “pizz@ 2.0″ organisés par l’UMP à destination des bloggeurs et des militants. C’est d’ailleurs lui qui avait lancé ces rencontres en 2007, lors de la campagne présidentielle. Chaque mardi, un membre du parti majoritaire se prêtera au jeu des questions-réponses autour de parts de pizzas et de verres de soda. Pour une première, on peut dire que la soirée a été bien molle. Entre pizza froide et Twitter plat, ambiance.

D’entrée, ce n’est pas la foule des invités qui impressionne : une trentaine de personnes, sympathisants de l’UMP ou apprentis journalistes. Sur fond d’hymne de campagne de la majorité pour les régionales en Ile-de-France – quelques riffs de guitare qui ne sont pas sans rappeler le générique de la série australienne “Hartley, cœurs à vif” – l’ancien ministre de l’Outre-mer se dit prêt à “se lâcher”.

Confidences pour confidences

Cela tombe bien, puisque les premières questions du médiateur de l’UMP se veulent audacieuses. “Etiez-vous délégué de classe ? Je me suis bien présenté mais je n’ai pas été élu, c’est ma première défaite politique” confie le député, avouant, amusé, sa scolarité moyenne. La politique n’attirait pas encore Yves Jégo, qui se voyait plutôt imprimeur et cuisinier : “résultat, j’écris des livres et que je mange beaucoup”. Puis, plus gêné, M. Jégo de revenir sur sa première expérience avec une femme :

“c’était il y a longtemps, j’ai oublié. J’espère qu’elle aussi. Mais depuis, ça s’est beaucoup amélioré”.

Nous voilà rassurés.

Entre autres confidences introductives, Yves Jégo avoue son désintérêt pour le sport, sa passion pour les ânes – il en possède deux – et sa maladresse routière : il compte s’inscrire à un stage de rattrapage car il n’a plus qu’un point sur son permis de conduire. Quel est le dernier film qui l’a fait pleurer ? Le premier jour du reste de ta vie (de Rémi Bezançon, 2008) lui avait, le temps d’un vol de nuit, arraché quelques larmes.

Interrogé sur sa vie de famille, le maire de Montereau-Fault-Yonne répond du tac au tac : “regardez, ce soir, plutôt que de manger des crêpes avec mes enfants, je suis ici à manger des pizzas avec vous. Bizarre pour la chandeleur, non?”. Pourtant, des pizzas, M. Jégo n’en mangera aucune ; un “dîner professionnel” l’attend quelques heures plus tard. Il a bien raison, car ici les “quatre fromages” sont froides.

Ordinateurs refermés

20h30. Alors que l’on s’échange parts de pizzas – froides donc – et gobelets de sodas – tièdes – les questions deviennent plus sérieuses. Priorité pour les transports en Ile-de-France – “c’est la priorité ‘number one’. Si Valérie Pécresse est élue en mars, nous lui offrirons une casquette de chef de gare” – et dénonciation de la “stratégie de blocage” de Jean-Paul Huchon (PS) vis-à-vis du Grand Paris : “il ne s’y oppose que par idéologie, par opposition au chef de l’Etat”.

“Attention. Il ne faudrait pas que Paris devienne une nouvelle Venise, une ville sympathique mais une ville-musée” affirme M. Jégo prônant un partenariat rapproché entre l’Etat et la région Ile-de-France. L’assistance écoute en calme et les quelques ordinateurs portables apportés pour l’occasion sont refermés. À côté de lui, l’écran plat qui affiche sa page Twitter s’actualise au rythme d’un escargot.

On oublierait presque que la soirée devait être “2.0″. Au menu, aucune question d’internautes. Hormis le médiateur, seule une poignée de militants est amenée à prendre la parole. Le temps d’apprendre, entre deux bouchées à quoi Yves Jégo songe en se rasant le matin : “En me rasant le matin, je pense à revenir au gouvernement”.

François Miguet et Margaux Bergey,  à retrouver sur ParisRégion’2010

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Les étudiants en journalisme de Sciences Po suivent les régionales sur ParisRégion'2010, un blog partenaire de Megalopolis.