Huchon et Duflot ont matière à négocier

Les résultats sont à peine digérés qu’il faut déjà parlementer. En Ile-de-France, ça va être animé entre le PS (25,26%) et Europe Ecologie (16,58%), qui s’annonce très exigeant. Jean-Paul Huchon devrait donner quelques gages à ses futurs alliés sur le logement et l’économie verte pour s’assurer de leur soutien. Mais la discussion promet d’être rude sur la question des transports, où les deux partis ont des projets de tarification très divergents.

Transports en commun: combien de zones?

C’est la différence la plus spectaculaire entre les deux listes. Jean-Paul Huchon veut conserver le zonage actuel (6 zones), Europe Ecologie propose la création d’un Pass Navigo vert unique, pour toute la région, à 65 euros. Une mesure pas finançable, selon le président sortant du conseil régional, qui s’y est très fermement opposé pendant la campagne. Pour lui, elle serait contre-productive car elle entraverait les possibilités d’investissement, en privant le Syndicat des transports d’Ile-de-France d’importantes ressources.
Les écologistes ont assuré dès dimanche soir qu’ils ne se laisseraient pas faire sur ce point, mais on imagine mal Jean-Paul Huchon changer radicalement de position en l’espace d’une matinée. Tous devraient donc préférer un consensus un peu mou: en coupant la poire en deux, les futurs alliés vont sans doute s’entendre sur le dézonage le week-end et les jours fériés et la réduction tarifaire pour des populations ciblées (jeunes de moins de 26 ans, chômeurs, etc.). Europe Ecologie devrait également apporter son soutien à la proposition faite par Jean-Paul Huchon d’assurer un service de métro en continu la nuit du samedi au dimanche.
Le Parti socialiste a donc l’avantage sur ce thème. Pour garder la main, il ne prendra sûrement pas le risque de confier la vice-présidence aux transports à un élu d’Europe Ecologie, qui pourrait se mettre en tête d’aboutir à la création d’un pass unique. De plus, ce serait se retirer d’un domaine stratégique, qui est jusque-là la plus grande compétence du conseil régional.

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Photo: Tug of War/toffehoff via Flickr

About the Author

Jérôme Lefilliâtre est né dans la Manche un jour de pluie. Brun de cheveux et roux de barbe, le philosophe à la mode de Caen monte en 2007 à Paris après une tranquille jeunesse provinciale. Il craque pour un scooter au bout de deux ans de promiscuité et de bougonnerie dans les transports en commun. Récemment installé près de la porte de Clignancourt, il ne comprend pas comment on peut laisser se développer de telles inégalités dans une seule et même métropole. Accessoirement, il milite pour que le port du Grand Paris devienne, non pas Le Havre, mais Cherbourg. Cofondateur de Megalopolis, diplômé de Philosophie et de l'École de Journalisme de Sciences Po, Jérôme Lefilliâtre travaille également à Challenges.