Pour une fois, le dirty dandy n’a pas fait faux bond. Mais tout le monde n’a pas pu rentrer à la Flèche d’Or pour le voir. Moi par exemple…
La nouvelle était tombée dimanche. Concert surprise à la Flèche d’Or de Pete Doherty lundi soir. 8 euros. Pas de prévente. Ouverture à 20h des caisses.
Donc, à ce moment là , comme à peu près dix mille personnes à Paris je me dis : “Et chouette, pourquoi pas ? Jamais vu Pete Doherty en concert et je ne suis pas retourné à la Flèche d’Or depuis sa réouverture après sa fermeture pour problèmes aministratifs/rénovations/rachat».
19h me voilà dans la queue, rue de Bagnolet, un peu avant la Phonebox. Mes amis sont là depuis 18 heures, ils ont des places correctes. Ambiance tranquille, classique avant un début de concert. Ça fume, ça boit. Confiance.
Mais très vite on comprend – bon, on s’en doutait – que cela va être un peu plus compliqué que ça. Tout le monde gruge. Il n’y pas de service d’ordre, pas de barrière. Si au début la queue avait gentiment tourné l’angle de la rue, les derniers arrivés se massent à l’avant sans vergogne. Normal si personne n’est là pour les en empêcher. Et comme tout le monde a un pote dans la file…
Alors nous on fait pareil, on s’avance et on se retrouve au niveau des grilles. Entre “la Flèche” et “d’Or». A partir de 20 heures, tout le monde s’anime. Toujours pas de service d’ordre. Les vigiles de la Flèche d’Or (avant fermeture) étaient parmi les plus détestés de Paris, mais on ne voulait pas non plus qu’ils disparaissent.
Les caméras, BFM TV, le Grand Journal, les écoles de journalisme. Tout le monde est là et regarde avec joie notre écrasement.
 Les portes ne s’ouvrent pas ou à peine. Seulement deux ou trois personnes arrivent à se faufiler toutes les cinq minutes. On se dit que la salle ne va jamais se remplir. Tout devient très serré, impossible d’allumer une clope. Au début, cela reste bon enfant. A qui sortira la meilleure blague.
-Heureusement que l’épidémie de Grippe A est terminée !
-Oui mais la gastro commence !
-De toute façon, personne n’aime Pete Doherty. (gros murmure d’approbation)
-Il y a des filles de moins d’un mètre quarante dans la queue !
-Le chauffeur de file est quand même fort. (ça se balance pas mal)
-Mourir lors d’un mouvement de foule, au moins c ‘est rock and roll.
Puis, assez vite, à mesure que l’heure avance, ça devient moins drôle. Les gens s’agglutinent de plus en plus, se serrent contre les grilles. On entend des
-Je vais vomir !
-J’ai peur !
-Je ne me sens pas bien !
-J’ai vomi !
Certains s’en vont. Mes deux copines craquent. Par galanterie évidemment, je les accompagne. Elles ont peur et en ont assez des mains au cul. Il est 20h45, on a l’impression que personne n’est rentré à l’intérieur, sauf un de mes potes, petit malin, qui s’est fait passer pour un gratte-papier. On va chercher tant bien que mal mon dernier camarade, carrément ivre, au milieu de la foule ultra-compacte en train de répéter que, décidément, « c’est très amusant ». Allez, on s’en doutait que ça ne marcherait pas.
Direction le Point Éphémère. On a cru lire sur un tract qu’Animal Collective passait par là ce soir. Oui, oui, troisième album de la décennie avec Merriweather Post Pavillon selon les camarades de Slate et donc beaucoup mieux qu’un mec qui peint des tableaux avec son sang. Que de toute façon on finira par croiser bourré au Truskel et gratuitement un jour ou l’autre. Arrivés à Jaurès, finalement ce n’était pas les autres animaux, mais Deakin, un des membres du groupe en solo. On apprend entre temps par une connaissance que du haut des grilles de la Flèche d’Or, ils crient à tout de le monde de partir. Que c’est complet.
So… des pintes, le canal Saint Martin, l’ivresse. Dürum kebab.
Quentin Girard
PS : Sinon il paraît que le concert de Pete Doherty était très chouette. Dehors on était 2000 pour 500 places.
Photo: la Flèche d’Or avant sa fermeture. Crédits: Megalopolis

Il est cool, ton post. Moi qui me demandait comment ça s’était passé…