Dans la série des rénovations des agglomérations d’Ile-de-France j’appelle … Cergy-Pontoise. Située au coeur du projet territorial Confluence Seine-Oise du Grand Paris, C-P compte bien faire peau neuve. Elle mérite d’inaugurer notre série d’articles sur les projets au sein de l’agglo.
Cergy-Pontoise. Le nom seul évoque le béton, le bout d’une ligne de RER et la “ville nouvelle” ratée. Haut les coeurs, cela va changer. Prenant exemple sur la démarche présidentielle du Grand Paris, l’agglomération a décidé de faire travailler trois groupes d’architectes-urbanistes autour de différents thèmes. Dirigées par Christian Devillers, Antoine Grumbach et François Leclerc, les trois équipes ont bûché sur le paysage, la mobilité, le commerce, l’habitat, le développement universitaire. Leurs propositions déboucheront en 2012 sur la définition du projet d’aménagement pour les dix prochaines années.
Les trois projet se recoupent sur plusieurs points. On retrouve la densification de la zone - notamment par des logements étudiants -, le développement du pôle universitaire, la refonte d’un développement local (repenser les transports, parkings et redonner vie au quartier les dimanches), la modernisation du centre commercial des Trois-fontaines et la mise en avant des commerces de proximité, la multiplication des espaces verts… Les différences entre les trois projets ne se trouvent pas là, mais plutôt dans la gestion de l’héritage laissé par la ville nouvelle ; c’est à dire dans le réaménagement de la dalle du centre-ville.
Ce «Grand centre» est un secteur tout petit à l’échelle de l’agglomération (1%) mais hautement stratégique. C’est le 1er pôle commercial de la région (245 commerces et services et un grand centre commercial), il accueille 15 000 étudiants sur le site universitaire de Cergy-Pontoise, 2 500 logements (soit 11% des logements de la ville), des équipements de loisirs et les sièges de nombreuses entreprises. Il est surtout le fils de l’architecture des 30 glorieuses.
A la fin des années 60, le centre de Cergy-Pontoise a été construit avec pour objectif d’éviter le phénomène des cités-dortoirs. Les petits génies de l’époque ont alors testé deux nouveaux concepts. Celui de la dalle consiste à séparer les circulations automobiles et piétonnes par la création d’un sol artificiel pour favoriser le cadre de vie des habitants. Celui de la maille consiste à découper chaque quartier en îlots d’environ 600 logements.
Une continuité d’allées piétonnières relie les îlots créant ainsi un réseau de délacement à travers la ville, en hauteur et indépendant des circulations automobiles. Tout cela avant l’apparition des Ewoks! Dans ce modèle de «ville nouvelle», le centre-ville est une sorte de buisness center qui abrite les administrations, commerces, universités, bureaux… C’est tout cela qu’il faut repenser.
Nos trois architectes ont des idées divergentes pour mettre à terre celle de leur prédécesseur. Chez Leclerc, on trouve l’idée d’une «ville jardin» qui trouverait une continuité sur la dalle, les pieds d’immeubles seraient réaménagés pour abriter des commerces. Chez Devillers, on opte plutôt pour la construction de nouveaux îlots commerçants de proximité pour accompagner l’intensification urbaine du quartier. Grumbach est le plus radical, il veut carrément “reconstituer un sol de référence sur l’ensemble du quartier qui permettrait de réduire le contraste entre le dessus et le dessous de la dalle”, bon courage. Dans tous les cas, le message est clair : A bas les 70′s!
Du 30 septembre au 23 octobre 2011, on peut retrouver l’exposition des trois projets sur la place des Arts à Cergy Grand Centre (parvis de la Préfecture) ou sur internet ici.

