Tout fout le camp. S’il ne fallait retenir qu’une seule preuve de la raclée prise par l’UMP dimanche, ce serait la conversion électorale du 92. Le fief historique de la droite (et de Nicolas Sarkozy) a voté à gauche.
Il s’en est fallu de peu, mais le résultat est là . Jean-Paul Huchon (PS-EE-FG) recueille 51,06% des suffrages, contre 48,94% pour Valérie Pécresse (UMP-NC) dans le département des Hauts-de-Seine. 9.244 voix d’avance, qui font tache au pays des Balkany, Santini, Devedjian, Lefebvre, Karoutchi, Pasqua, Sarkozy fils… et Sarkozy père, qui en a été un élu de 1977 à 2007. C’est un peu comme si le PS se faisait devancer en Seine-Saint-Denis par l’UMP. Un truc inimaginable. La dernière fois que les Hauts-de-Seine s’étaient couvertes de rose, c’était en 1981: 51% des Alto-Séquanais avaient alors préféré Mitterrand à Giscard pour offrir la France à la gauche. Un signe précurseur de 2012?
Gonflé, le président du conseil général, Patrick Devedjian, a cherché à minimiser la défaite: «Le résultat n’est pas surprenant si l’on se souvient qu’en 2004, nous étions minoritaires avec 47, 88% contre 7,56% pour le FN et 44,96% pour Jean-Paul Huchon.» Soit le ministre de la Relance n’est pas très rigoureux lorsqu’il s’agit de calcul mental (et c’est inquiétant vu ses fonctions gouvernementales), soit il est politiquement de très mauvaise foi. On penche pour la seconde option. Certes, d’un point de vue strictement logique, l’UMP était minoritaire en 2004 parce qu’elle n’avait pas la majorité absolue. Mais le bon sens suppose de reconnaître que la droite était quand même d’autant plus dominatrice par rapport à la gauche que les électeurs FN sont généralement peu enclins à voter pour le PS quand le Front national n’est pas qualifié au second tour.
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