Braquage à l’ancienne – Faits des Quatre Saisons

“Banques : le retour des casses à l’ancienne”, titrait le Parisien le lundi 5 avril. La France, c’était mieux avant. La ritournelle est habituelle, on nous la sort à peu près quotidiennement depuis le 14 juillet 1789. Depuis, tout est parti à vau l’eau, n’est-ce pas? Quelque soit le sujet d’ailleurs. Avec ce titre là, “à l’ancienne”, tout transpire la nostalgie. Enfin des braqueurs comme dans les films! Enfin des mecs qui font ça proprement:  louer une cave, creuser une galerie, saucissonner le vigile et vider les coffres pendant la nuit. Du travail de pro, sans bavure. Surtout, ça permet de se rappeler la grande époque, les Spaggiarri et consorts.

Aucune indication sur les braqueurs, si ça se trouve c’est une bande très organisée de la mafia serbe, mais on ne peut s’empêcher de les imaginer parlant comme dans un film avec des dialogues d’Audiard, se donnant de “La Polonaise au petit dèj’”, du “disperse” et du “ventile” et venant de Montauban. En costards évidemment, avec une éthique. Tout ça, tout ça. De plus, c’est vraiment super, ils ont cambriolé des riches avenue de l’Opéra, c’est bien fait pour eux. Ce que le bouclier fiscal leur donne, les braqueurs le reprennent. Robin des bois. Qu’ils réussisent comme à l’Opéra, ou qu’ils ratent, comme pour la BNP dans le XIIIème le 5 avril dernier (on ne sait pas si ce sont les mêmes). C’est bien, ça laisse du suspens.

Manquerait plus qu’ils envoient des fleurs après le braquage et, alors, les tirages du Parisien et de France Soir doubleraient. Et s’ils arrivent à enchaîner une série de braquages du même type, on aura droit à un film. Non, vraiment, c’est super. C’est vraiment mieux que ces mecs qui attaquent en scooter et à l’explosif les distributeurs de billets de la Poste. Là, c’est vulgaire, ça se passe à Houilles (qui connaît?), c’est en banlieue, au petit matin, ça réveille tout le monde. Les flics ont bien essayé de les courser mais ils n’y croyaient même pas eux-mêmes.

Et puis, franchement, braquer des bureaux de Poste, tout de même, ça manque de classe. Malheureusement, c’est un peu la mode en ce moment, dans Paris, en banlieue, et partout en France. Il faudrait organiser un “Grenelle du Braqueur” pour leur faire prendre conscience de ces problèmes. Avec des tables à réciter: “Je braquerai à l’ancienne, tu braqueras à l’ancienne, il/elle/on braquera à l’ancienne…” Ça serait chouette et peut-être que cela susciterait d’autres vocations de retour “à l’ancienne”. A la manière de Mesrine par exemple, c’était pas mal du tout. Avec de la violence, des coups de feux, des morts et des pseudo-revendications politiques. Vivement!

Quentin Girard

Faits des Quatre Saisons : parce qu’il n’y a pas que des faits d’hiver

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